
L'histoire de Kadenz ne s'est pas écrite dans des bureaux, mais sur l'asphalte. Au cœur de l'été, notre peloton s'est réuni au Camping Paradis des Deux Lacs à Auphelle, point de départ d'une expédition qui allait façonner notre vision de la pratique cycliste. Voici le récit de la toute première étape de nos "Vélopotos", là où la rigueur de l'effort a rencontré l'art de vivre.
Le Départ : Sur les Traces de Poulidor
Dès les premiers coups de pédale, le ton est donné. Nous nous élançons depuis les rives d'Auphelle, directement sur le mythique circuit Raymond Poulidor, aussi appelé “le circuit des légendes”. Les 25 premiers kilomètres offrent une légère descente continue, idéale pour faire tourner les jambes et installer cette cadence commune qui nous est chère. Sur un bitume impeccable, les relais se succèdent naturellement, et le groupe s'imprègne des paysages grandioses à la lisière de la Haute-Vienne et de la Creuse.

L'Exigence du Parc de Millevaches
La topographie change radicalement à l'approche du Parc Naturel Régional de Millevaches en Limousin. Jusqu'au kilomètre 41, la route s'élève pour atteindre notre point culminant à 793 mètres d'altitude. L'effort s'intensifie sur une série de bosses régulières affichant 3 à 4 % de moyenne : la Bosse des Maquisards, la montée de la Croix, puis l'ascension du Trocadéro. Les respirations se font plus bruyantes, la pente exige de la constance, mais l'allure reste fluide.
Après avoir traversé Beaumont-du-Lac, Nedde et Faux-la-Montagne, une halte s'impose à Saint-Marc-à-Loubaud. Le bar-restaurant intercommunal du village rouvert depuis 2011 devient notre premier refuge. Une pause réparatrice, affirmant notre conviction première : l'intensité de la route prend toute sa saveur lorsqu'elle aboutit à un moment de partage.

Relances et Bordures de Lac
Le retour en direction de Royère-de-Vassivière ne laisse aucun répit aux organismes. Le profil se transforme en une succession incessante de faux plats montants et descendants, rythmée par quelques ruptures de pente franches. La montée d'Arpeix, avec ses 1,5 km à 4 % et ses passages piquants à 6-7 %, étire le peloton et sollicite les réserves de chacun.
À 10 kilomètres du but, nous retrouvons les rives sinueuses du lac de Vassivière et le circuit Poulidor. L'approche de l'arrivée transforme la dynamique. Le groupe s'organise en file indienne pour un exercice de contre-la-montre par équipe improvisé. Les coudes se plient, les watts s'envolent, l'effort est total, mais partagé jusqu'à la dernière ligne droite.

L'Après-Vélo : La Promesse
La ligne virtuelle franchie, la journée s'achève par une récupération immédiate sur les berges du lac. En ce mois de juillet, la température de l'eau s'avère idéale pour apaiser les muscles ayant accumulé le dénivelé.
C'est ici, dans ce parfait équilibre entre la satisfaction de la trace accomplie et le réconfort de l'eau fraîche, qu'une évidence est apparue. L'aventure "Vélopotos" venait de naître, scellant la promesse de nous retrouver chaque été pour conjuguer l'exigence du sport et l'élégance de l'après-vélo. Une philosophie ancrée sur la route, qui allait bientôt porter le nom de Kadenz.
