
Il y a des sorties qui forgent une philosophie. En 2020, notre peloton s'est élancé pour un tracé exigeant, avalé en 4h50 de selle. Il s'agissait tout simplement de notre plus longue sortie sur ce Velopotos 2020. Plus qu'une simple boucle, cette échappée autour du lac de Vassivière résume notre vision : nous croyons que la performance et le plaisir ne s'opposent pas mais se partagent.
Sur les traces des rouleurs
Le départ est donné depuis notre camp de base, le camping Paradis Les 2 Îles, direction l'est. Dès les premiers coups de pédale, le ton est donné : nous évoluons sur les traces des contre-la-montre du Tour de France des années 90, où Miguel Indurain régnait en Maître. Le bitume est propre, l'allure est fluide, mais le terrain ne pardonne pas. La route offre une succession ininterrompue de faux plats montants et descendants, sans le moindre répit.
Le cap est mis sur Plazanet, amorçant de longs secteurs usants jusqu'à Faux-la-Montagne, point culminant de notre parcours juché à 800 mètres d'altitude. L'effort est récompensé par une descente régulière, ponctuée de relances nerveuses, à travers Le Trech et Tarnac.

Le Parc naturel régional de Millevaches porte alors merveilleusement son nom : au détour d'un virage, nous nous retrouvons nez à nez avec une vache placidement installée sur la route. Un rappel brutal mais charmant que nous ne sommes que des invités dans ces grands espaces.

Quand la route s'élève
Passé le trentième kilomètre, l'arrivée à Rempnat marque le début des choses sérieuses. Le peloton s'étire dans une montée de 6 km à 4 % jusqu'à La Bessette. L'exigence sportive est là, les watts grimpent. Une longue descente permet de faire tomber le rythme cardiaque jusqu'au 60e kilomètre.
C'est à cet instant que le profil se durcit à nouveau avec la redoutable côte de Puy des Cimes (5 km à 4 %) qui nous emmène vers Mazaufroid, immédiatement suivie d'une difficulté vers l'Église Aux Bois (3 km à 4 %). La fin de parcours est nerveuse : nous accumulons 300 m de dénivelé positif sur les 20 derniers kilomètres. C'est le moment précis où le matériel doit se faire oublier, pour ne laisser place qu'à la concentration et à l'effort partagé. Et comme une sortie n'est jamais parfaite sans un imprévu, notre ami Pedro met pied à terre pour changer son boyau suite à la seule crevaison de notre week-end. En équipe, il sera changé aussi vite qu’en F1.

De la bosse à la Barak'a : la culture de l'après
Repartis dans une légère descente vers Nedde, nous attaquons les ultimes remparts : la bosse des Maquisards, et la côte de Villedieu. Une fois l'obstacle franchi, nous retrouvons les rives apaisantes du lac par Vauveix.

Après l'effort vient toujours le réconfort. L'arrêt s'impose sur la plage du Nergout, à la Barak'a. Si l'établissement ne sert que des pizzas, c'est exactement ce qu'il faut pour recharger les batteries, avec une vue imprenable sur l'eau. Ces rives ne nous quitteront plus jusqu'à notre retour au camping. Le soir venu, la même adresse nous accueille pour un cocktail bien mérité après le dîner.
L'après-midi est consacrée à la récupération dans les eaux claires du lac pour détendre les organismes. Pour ceux qui en veulent encore plus, il est possible d'enchaîner par du paddle sur le lac depuis la base nautique d'Auphelle. C'est cela, l'approche Kadenz : une rigueur technique absolue sur le vélo, pour mieux savourer l’après-vélo. Le cyclisme n’aura jamais été aussi collectif !!
