Lormes, Plainefas et L'Homme Mort : Le Morvan sans concession
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Lormes, Plainefas et L'Homme Mort : Le Morvan sans concession

 

Lormes : Quand l'art urbain annonce la couleur

Le départ est donné au pied de l'Hôtel de Ville de Lormes. Avant même de faire monter les cœurs, c'est l'œil qui est sollicité. Le village regorge de galeries d'art, dont la fameuse vitrine « Œil à facettes », et nous passons sous le regard immense du trompe-l'œil de la Baleine accroché sur une façade. Une douceur toute culturelle qui contraste avec ce qui nous attend.

 

Dès la sortie de Lormes, le ton est donné : l'asphalte se cabre violemment. Nous empruntons la route du Col des 3 bornes pour nous extirper du village. Les muscles, à peine échauffés, sont immédiatement mis à l'épreuve.

Le Col de Plainefas : Prendre de la hauteur

Rapidement, nous bifurquons sur la gauche pour attaquer la route du Col de Plainefas. La pente est franche et nous hisse jusqu'à 584 mètres d'altitude, le point culminant de notre sortie du jour.

La bascule offre une récompense rare dans la région : une longue descente sur un revêtement d'une excellente qualité en partie haute. La vue se dégage, la vitesse augmente, et nos maillots techniques fendent l'air sans un pli. C'est le moment de relâcher la pression sur les pédales et de profiter de la fluidité de la trajectoire.

Le Chalaux et le redoutable Homme Mort

En bas de la descente, nous traversons la rivière du Chalaux. Son eau vive et fraîche invite à la pause. Les plus courageux du peloton n'hésitent pas à y tremper les pieds pour amorcer une récupération express. Et pour cause : la suite du programme ne laisse aucune place à l'hésitation.

Tout de suite après ce moment de répit, se dresse l'ascension la plus impressionnante du parcours : le Col de l'Homme Mort. Près de 7 kilomètres d'une montée implacable. Les respirations se synchronisent, les regards se fixent sur la roue avant. Heureusement, un léger replat intermédiaire au niveau de Mazignien permet de reprendre son souffle, de boire une gorgée, avant d'affronter la seconde partie de l'ascension.

Le toboggan de Brassy et les fantômes du passé

Une fois le sommet franchi, la route redescend vers le village de Brassy. Mais le répit est de courte durée. Au-delà de Brassy, le Morvan nous impose un incessant toboggan, une succession de montées et de descentes qui casse le rythme. Impossible de trouver un pédalage régulier.

Nous retrouvons le cours du Chalaux et passons devant la Gare de Brassy Gacogne. Un clin d'œil à l'histoire : ne cherchez pas les rails, cette ligne n'est plus exploitée depuis 1939. Le bâtiment subsiste, témoin silencieux de nos efforts.

La culture de l'après : L'arrivée à Lormes

Il ne reste plus que deux petites côtes à avaler. Les jambes sont lourdes, mais l'arrivée sur Lormes, avec sa magnifique vue plongeante sur le lac, efface instantanément la fatigue. La boucle est bouclée.

Chez Kadenz, l'exigence sportive n'a de sens que si elle se prolonge autour d'un moment de convivialité. Le conseil gastronomique du jour s'impose : le restaurant « Odessa » à Lormes. Aménagé dans la cour de l'ancienne école primaire du village, le cadre est idéal pour prolonger l'instant, débriefer l'ascension de l'Homme Mort et honorer notre philosophie. Des watts le matin, une grande table l'après-midi.